vendredi 29 juin 2007

L'effet Pauline

Le PQ a la réputation, justifiée il me semble, d'être extrêmement exigeant envers ses chefs. Témoin: André Boisclair, qui a été élu en grande pompe et qui sombre maintenant dans l'oubli, comme William Shatner ou Claire Pimparé. Le couronnement de Pauline n'a pas reçu autant d'attention médiatique que l'élection de Boisclair, et c'est tout-à-fait normal... par de suspense, pas de battage médiatique.

Après la démission d'André Boisclair, le PQ a profité d'un regain d'enthousiasme de la part des citoyens. Les plus pessimistes prédisaient un «effet Pauline» de courte durée, puis un retour, pour le PQ, dans la morosité de son statut de «second parti d'opposition». Le sondage qui est paru dans le Devoir hier nous laisse présager le contarire. Pauline Marois est vue comme le meilleur Premier Ministre en puissance, et le PQ et l'ADQ mènent dans les intentions de vote (32% et 31%, respectivement). Le PLQ est loin derrière avec un maigre 21%.

L'«effet Pauline» semble profiter d'une longévité assez intéressante, surtout dans un contexte de gouvernement minoritaire. Contrairement à ce que plusieurs affirmaient lorsque Gilles Duceppe pensait encore se présenter à la chefferie du PQ, je ne crois pas que l'hésitation du chef du Bloc aie eu quelque effet nuisible. Au contraire: sans Duceppe, nous n'aurions que très peu entendu parler de la course à la chefferie, et l'enthousiasme pour Pauline Marois serait peut-être mort dans l'oeuf. (Sans parler de la vague de «Nous t'aimons au Bloc, Gilles», que toute cette histoire a sucitée).

Bon, il est surement mesquin et réducteur d'attribuer la nouvelle popularité du PQ à un goût pour la nouveauté. Les gens en ont peut-être vraiment assez de Jean Charest.

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