dimanche 1 juillet 2007

Fait divers

On lisait, dans le Devoir de la semaine passée, que la majorité des détenus aux États-Unis sont noirs, issus de milieux plus difficiles. Fait intéressant, aux ÉU, 1 personne sur 133 se retrouve en prison. La proportion est de 1 sur 1000 en France.

vendredi 29 juin 2007

De la Démagogie

Le mot « Démagogie» (ou son dérivé : «démagogique») est à la mode de nos jours. Il est utilisé à toutes, les sauces, et tous les raisonnements faciles, ou exagérés, sont dorénavant catalogués comme étant «démagogiques».

Bien que la marge entre «démagogie» et «sophistique» soit mince, il arrive fréquemment que l'on prenne un raisonnement fallacieux pour une remarque démagogique, alors que ce n'est pas le cas.

Le sophiste cherche à avoir raison par tous les moyens. Pour réussir il énoncera des jugements qui ont l'apparence d'arguments rigoureux, mais qui ne servent qu'à tromper ou ridiculiser l'adversaire. Exemples de sophismes: l'attaque ad hominem (on le sait ben, toi t'es ....), le raisonnement circulaire, l'appel à l'autorité (quand l'autorité est bidon), l'appel à la masse (tout le monde le dit) etc etc.

Le démagogue est celui qui emporte les faveurs de la foule en lui disant, dans un langage souvent simpliste, ce qu'elle veut entendre. Le démagogue s'adresse au passions et aux frustrations de son auditoire. Il ne cherche pas, comme le sophiste, à prouver un point. Il n'est même pas obligé d'utiliser des pseudo-aguments. Il n'a qu'à «flatter la grosse bête», pour reprendre les paroles de Socrate.

Ainsi, lorsque Joseph Facal traite les gens de Québec Solidaire de «socialistes», afin de ridiculiser leurs positions, il s'agit de sophistique. Lorsque Mario Dumont nous dit: «On en a assez des vieux partis, à l'ADQ on va faire autrement et faire bouger les choses», il s'agit de démagogie.

L'effet Pauline

Le PQ a la réputation, justifiée il me semble, d'être extrêmement exigeant envers ses chefs. Témoin: André Boisclair, qui a été élu en grande pompe et qui sombre maintenant dans l'oubli, comme William Shatner ou Claire Pimparé. Le couronnement de Pauline n'a pas reçu autant d'attention médiatique que l'élection de Boisclair, et c'est tout-à-fait normal... par de suspense, pas de battage médiatique.

Après la démission d'André Boisclair, le PQ a profité d'un regain d'enthousiasme de la part des citoyens. Les plus pessimistes prédisaient un «effet Pauline» de courte durée, puis un retour, pour le PQ, dans la morosité de son statut de «second parti d'opposition». Le sondage qui est paru dans le Devoir hier nous laisse présager le contarire. Pauline Marois est vue comme le meilleur Premier Ministre en puissance, et le PQ et l'ADQ mènent dans les intentions de vote (32% et 31%, respectivement). Le PLQ est loin derrière avec un maigre 21%.

L'«effet Pauline» semble profiter d'une longévité assez intéressante, surtout dans un contexte de gouvernement minoritaire. Contrairement à ce que plusieurs affirmaient lorsque Gilles Duceppe pensait encore se présenter à la chefferie du PQ, je ne crois pas que l'hésitation du chef du Bloc aie eu quelque effet nuisible. Au contraire: sans Duceppe, nous n'aurions que très peu entendu parler de la course à la chefferie, et l'enthousiasme pour Pauline Marois serait peut-être mort dans l'oeuf. (Sans parler de la vague de «Nous t'aimons au Bloc, Gilles», que toute cette histoire a sucitée).

Bon, il est surement mesquin et réducteur d'attribuer la nouvelle popularité du PQ à un goût pour la nouveauté. Les gens en ont peut-être vraiment assez de Jean Charest.

mercredi 27 juin 2007

Hegel et la guerre en Afghanistan

On accuse souvent les détracteurs de la participation canadienne à la guerre en Afghanistan de ne pas appuyer, voire même respecter, les êtres humains qui partent au combat. Cette critique a atteint un paroxysme lors de la manifestation du 22 juillet, lorsque les manifestants ont tenté d'intercepter le défilé militaire qui avait cours dans les rues de Québec.

En traitant les manifestants de «talibans», ceux qui étaient venus assister au défilé n'ont-ils pas fait exacetement ce qui est reproché aux opposants de l'occupation? On reproche à ces derniers de ne pas voir les soldats comme des humains, pères de familles, copines, fils, soeurs etc, mais de les voir uniquement comme des machines aliénées au service d'une cause qu'ils considèrent injuste. Cette situation s'est produite lors de la marche: le manifestant n'était plus un étudiant, une mère de famille etc etc... seulement un fauteur de trouble a-patriote.

Il s'agit là d'un excellent exemple de ce qu'Hegel appelait, dans la Phénoménologie de l'Esprit, l'abstration. La marchande, à qui l'on dit que les oeufs sont pourris, retourne l'insulte à sa cliente et la traitant de pourrie elle-même. Le condamné à mort, pour la foule en colère, n'a plus rien d'humain. Il n'est que meurtrier. L'humanité des autres se voie abstraite, pour les réduire à un seul objet, souvent peu flatteur.

Dans une telle situation, Socrate nous rappellerait son «Connais-toi toi-même». Si je ne reconnais pas l'humanité dans l'autre, comment puis-je la reconnaître en moi-même?

Le statut des soldats est, je l'avoue, particulier. L'individu, en entrant dans l'armée, passe par un processus de dépersonnalisation (très bien illustré dans l'excellent Full Metal Jacket de Kubrick), qui selon moi, lui confère un état de symbole. Un soldat en service demeure toujours un être humain, mais un être humain qui représente une entité abstraite: l'armée.
Malheureusement pour les militants anti-guerre, l'Idée «Armée» ou même l'Idée «Guerre», s'illustre assez mal sur des affiches. Il faut utiliser des symboles, plus souvent qu'autrement des militaires ou artefacts militaires. D'où une certaine incompréhension et un agacement de la part des proches de nos soldats.

dimanche 17 juin 2007

Fer plat

Je suis une fille. Une fille qui passe au moins 1h devant son miroir avant de sortir dans un lieu public. J'ai aussi les cheveux frisés. Je me suis longtemps battue contre cet état de fait, mais bon je l'accepte aujourd'hui.

C'est dur d'être frisée, surtout depuis l'avènement des fers plats. C'est comme des fers à friser, mais l'inverse (humm). Bon je résiste et refuse de me défriser les cheveux. Toujours est-il que je magasinais cette semaine, en dépensant l'argent que je n'avais pas encore, pour trouver le vêtement dont j'igorait l'existence mais dont j'avais fabuleusement besoin.

Je me suis donc retrouvée dans une boutique de souliers jeune et branchée ou, après plusieurs minutes d'attente, une vendeuse (à l'image de la boutique) est venue me voir. En venant me porter les souliers rose taille 10 que je convoitais, elle me dit, tout bonnement: «C'est plate hein quand ton fer plat est scrapp?» Quoi??? non mais!!!! La mode je veux bien, même que je l'apprécie. Mais l'obligation d'avoir les cheveux plats! J'étais insultée. Je n'ai pas acheté les souliers roses.

Je me suis défrustrée en achetant une 5eme paire de jeans.

Le PLC, aussi cool qu'un bol de crème Budwig

Comment expliquer ce «regain d'enthousiasme» pour le PLC? Un récent sondage nous apprend que la formation de Stéphane Dion remonterait dans les intentions de vote des canadiens. Plusieurs expliquent la situation par le cafouillage péréquationnel entre le gouvernement fédéral et ceux des provinces maritimes. C'est surement une raison valable. Personellement je suis plutôt une fan du structuralisme. (Le srtucturalisme, c'est comme une courbe sinusoidale, mais pour les sciences sociales.)

Comme les députés fédéraux, le sénat (majoritairement libéral) sera appelé à voter sur le budget fédéral. Si Stéphane Dion demande aux sénateurs libéraux de voter contre le budget, cela ne fera pas chuter le gouvernement conservateur, mais ramènera tout de même le débat en chambre des communes, où le députés devront à nouveau se prononcer.

Le jeu en vaut-il la chandelle pour les libéraux de Stéphane Dion? Je ne vois pas en quoi un second vote sur le budget changerait les choses. De toute façon, je doute que le chef du PLC croie que la partie soit gagnée, après un seul sondage.

L'image de Stéphane Dion se construit peu à peu. J'ai récemment feuilleté un exemplaire de Châtelaine, ou on y parlait de son épouse... article du style : la femme derrière l'homme etc etc. Est-ce une nouvelle tactique du lobbyiste spécialement engagé pour nous convaincre que Stéphane Dion, c'est cool?

De toute façon, il sera élu, quoiqu'on en pense. I'm cursed.

vendredi 15 juin 2007

Premier pétage de coche

Ceux qui ont un minimum de mémoire se rappelleront que notre gouvernement provincial vient d'adopter son budget.

J'écoutais à RDI les réactions de gens qui avaient assisté au huis clos. Nous eûmes alors la chance d'entendre l'opinion d'une sympathique famille moyenne (papa, maman et bébé -que faisait-il là?) sur l'éventualité de la chute de notre gouvernement minoritaire.

Maman exprimait alors son indigantion face à de possibles élections, 2 mois après la formation de l'actuel gouvernement. «C'est avec mon argent qu'on va payer ça encore!»

Oui j'avoue, c'est chiant, c'est rendu qu'il faut PAYER pour pouvoir vivre dans un monde démocratique... vivement un billet d'avion pour que je m'envole vers la dictature la plus proche...