vendredi 15 juin 2007

L'affaire du Lieutenant gouverneur

Vous m'excuserez si mon premier post traite de cette histoire un peu mièvre, dont les journaux, avides de sensations fortes, ont fait leurs choux gras.

Bon, 700 000$ de dépenses injustifiées, oui c'est moche. Oui il faut surveiller. Mais ce «scandale» ne fait-il pas ressortir un problème encore plus latent, soit celui de notre incapacité à nous questionner réellement sur le rôle de la monarchie britannique au Canada? L'affaire est éculée, et malgré qu'il m'en coûte de l'affirmer, je doute que le poste de lieutenant-gouverneur soit aboli de sitôt.

Le débat se tient actuellement sur la façon de contrôler les dépenses du digitaire sus-nommé. À quand une réflexion sérieuse sur le rôle du représentant de la couronne? Peut-être est-ce trop demander. Il est plus facile de crier à l'infâmie.

Les dépenses de Lise Thibault étaient-elles exessives et injustifiées? Oui, surement. Justifient-elles ces réactions volcaniques? Je ne crois pas que ce soit réellement la perspective de voir 700 000$ mal dépensés qui échauffe les esprits. Sinon, nos esprits seraient échauffés bien plus souvent...

La popularité de l'affaire Thibault s'explique, selon moi, par sa facilité (ne pas prendre facilité au sens péjoratif). Le méchant ici n'est pas une institution sans visage, mais une personne bien réelle, sur laquelle nous pouvons aisément déverser notre fiel. Le fait est que les dépenses excessives de Mme Thibault nous permettent de frapper sur une institution qui nous dépasse, et de ramener le vieux débat sur la place de la monarchie britannique au Canada à un niveau beaucoup plus humain.

Dommage que ce débat ne transcende pas la question des 700 000$ de Mme Thibault...

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